Raka en bleu, trois fois oui !

Rien ne semble devoir empêcher Alivereti Raka de rejoindre son coéquipier clermontois Rabah Slimani sous le maillot de l'équipe de France dès février prochain.
Rien ne semble devoir empêcher Alivereti Raka de rejoindre son coéquipier clermontois Rabah Slimani sous le maillot de l'équipe de France dès février prochain. (Twitter_@ChampionsCup_FR)

Auteur face aux Saracens d’un triplé retentissant et d’un match qui ne fait que confirmer son exceptionnel talent, Alvereti Raka, l’ailier fidjien de Clermont, frappe plus que jamais à la porte de l’équipe de France à la veille du prochain Tournoi.  

Déjà auteur d’un triplé (13e, 21e, 25e) parmi les plus rapides de l’histoire de la compétition (*), qui à lui seul avait déjà mis à genoux des Saracens sur le point de concéder la plus lourde défaite de leur histoire européenne, pourtant riche de deux Champions Cup (2016, 2017) et d'une série en cours de 20 victoires consécutives (19 victoires, 1 nul), Alvereti Raka aurait pu s'arrêter là. Mais le récital de l'ailier clermontois fut total lundi, sur la pelouse d'un stade de l'Allianz Park malheureusement quasiment vide (1 500 spectateurs). 

Jusqu'à cette action d'anthologie, à l'origine du 4e des 6 essais clermontois, qui aurait, c'est peu de le dire, mérité un autre contexte que cette enceinte sans âme, que celui qui, dès 2017, sera éligible en équipe de France a su électriser à lui tout seul avec un total, excusez du peu, de... 168m parcourus ballon en mains ! 

168 mètres ballon en mains !

C’est le 1er janvier que Raka (23 ans), résident en France depuis 3 ans, pourra prétendre intégrer les Bleus, après obtention de son passeport français pour lequel le joueur, marié à une Français et papa d’une petite fille née à Clermont, a déjà entrepris les démarches nécessaires.

Dès novembre dernier, à la veille de la calamiteuse tournée de novembre que l’on sait, Guy Novès annonçait d’ailleurs la couleur: "On va essayer d’évacuer le cas Raka, assurait d'emblée le sélectionneur tricolore pour lequel il n'y avait déjà pas de débat. On veut que la société française en 2017 soit composée de blancs, de beurs, de jaunes, de noirs… On « bade » les Japonais quand ils battent les Sud-Africains avec des joueurs néo-zélandais dans leur équipe, tout le monde le comprend. Il y a 46 % de Français, 54 % d’étrangers dans notre championnat, mais, non, en France, on voudrait que la sélection soit issue uniquement des 46 % de Français. Quand vous sortez tous les blessés, les très jeunes et les très vieux, vous irez voir ce qu’il reste… (…) Il n’y a que dans le rugby qu’on trouverait anormal qu’un jeune joueur implanté, marié à une Française, qui a un bébé, qui parle notre langue et qui fait ses efforts-là, devienne français… Je trouve ça complètement minable. On n’est plus dans les années 80, la société évolue."