Laporte en train de régler le cas Novès

Bernard Laporte prévient sur le dossier Novès: "Je déciderai seul..."
Bernard Laporte prévient sur le dossier Novès: "Je déciderai seul..." (ICON SPORT)
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En pleine réflexion après la désastreuse tournée de novembre, Bernard Laporte planche sur l’avenir de Guy Novès à la tête du XV de France et sur l’opportunité de prolonger le bail de l’actuel sélectionneur, malgré un bilan toujours plus calamiteux. 

Stop ou encore ? C’est à peu de choses près l’alternative qui se propose à Bernard Laporte concernant l’avenir de Guy Novès à la tête du XV de France. A seulement un mois et demi du prochain Tournoi des 6 Nations, et à désormais moins de deux ans de la prochaine Coupe du monde 2019 au Japon, il y a urgence à prendre les mesures qui s’imposent pour tenter de relancer, si c’est encore possible, des Bleus plus enlisés que jamais dans le marasme d’une dernière tournée de novembre sans la moindre victoire et achevée sur le nul contre le Japon aux allures de défaite.

Un président de la Fédération française de rugby (FFR) qui, dans les colonnes du Midi Olympique, confirme faire du dossier une priorité. Avec pour le seconder sur le sujet son fidèle bras droit et vice-président Serge Simon, toujours en charge du secteur sportif et qui, après consultation du monde professionnel, "doit me faire la synthèse, me proposer quelque chose. Et ensuite, je prendrais ma décision", assure Laporte, qui ajoute et la précision est d’importance: "Je vais décider seul. Je veux juste ne pas me précipiter et prendre la bonne décision."

Chasse aux joueurs étrangers

Se séparer de Novès, comme beaucoup le réclament aujourd’hui au regard de l’impuissance de celui-ci à inverser la tendance, aurait d’abord un coût non négligeable et des conséquences sur les finances guères florissantes de la FFR. D’où la possibilité évoquée d’un renfort de l’actuel staff, voire même la mise sous tutelle du sélectionneur par un manager à forte expérience (Woodward ?) ; une perspective qui à coup sûr aurait la même conséquence avec le départ quasiment acquis d’un Novès qu’on ne place pas sous surveillance.

Par-delà la question de la direction technique à prendre, forcément épineuse tant le chantier semble vaste et qu’on se demande qui pourrait faire mieux (même s’il serait difficile de faire pire…), Laporte brandit une mesure qui était aussi une promesse de campagne. Avec la volonté de mettre fin à la vampirisation des effectifs des clubs par les joueurs étrangers (*) que le patron du rugby français veut ramener à cinq. Avec la détermination de Laporte à aller jusqu’au bout: "Nous l'avons mis en place en Fédérale, il faut le faire en Top 14 et en Pro D 2. J'aimerais que cette réforme soit applicable à 100 % à la fin de ce mandat (en 2020). On ne peut plus continuer comme cela, notamment pour l'équipe de France."  

Encore faut-il réussir à convaincre les principaux intéressés, à savoir les clubs, sans même parler du droit européen en la matière, lié à l’arrêt Bosman et aux accords Cotonou. Et là on sent chez Laporte une inflexion, un souci de privilégier le dialogue auxquels ses déboires judiciaires, récents ou à venir, ne sont sans doute pas étrangers lorsque, malgré le plébiscite des clubs amateurs du week-end dernier, lors du premier vote électronique décentralisé, il tend la main au secteur professionnel: "L'équipe de France, c'est le monde professionnel. Je veux qu'on l'entende sur le sujet. On n'a pas impliqué les techniciens et cela ne marche plus. Alors écoutez-les !, martèle-t-il. On doit faire cette réforme avec eux. Tout le monde sera gagnant de n'avoir que cinq joueurs étrangers au maximum inscrits sur la feuille de match". Une réforme que le président de la FFR veut voir inscrite dans "une nouvelle convention LNR-FFR".     
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(*) Le règlement fixe aujourd’hui à 14 la moyenne sur une saison de JIFF (joueurs issus de la filière de formation) par feuille de match (sous peine de retrait de points la saison suivante).