Vélo à moteur, Froome était ciblé

(Reuters)

D'après les informations de L'Express, les autorités françaises soupçonnaient plusieurs coureurs de vouloir utiliser le dopage mécanique sur le Tour de France 2016. Parmi eux, le vainqueur, Christopher Froome.

Vainqueur à trois reprises du Tour de France (2013, 2015, 2016), et encore porteur du Maillot Jaune ce mardi matin au départ de la 16e étape de l'édition 2017, Christopher Froome était dans le viseur des autorités antidopage françaises, l'an passé, au départ de la Grande Boucle. Selon les informations de L'Express, deux organismes, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) et l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), soupçonnaient plusieurs coureurs, des "caïds du peloton" selon l'hebdomadaire, d'avoir recours au dopage mécanique. Parmi eux, donc, le leader de la Sky, qui a toujours nié en bloc cette utilisation.

"Durant les mois précédant le Tour 2016, nous avons recueilli des informations laissant penser que Chris Froome, entre autres, pouvait être tenté d'avoir recours à ce type de fraude, explique la source de L'Express, proche du dossier. Nous avons mis en place un système de détection, mais celui-ci n'a permis de détecter aucune tricherie." 

Le dopage mécanique, le fameux vélo à moteur, est le nouveau cauchemar du cyclisme. La technologie existe, plusieurs experts l'ont confirmé, mais jusqu'à présent elle n'a été détectée qu'une seule fois lors d'une compétition, lors de l'épreuve espoirs dames des championnats du monde de cyclo-cross 2016. C'est après cet incident que les organisateurs de la Grande Boucle ont décidé de mettre en place des contrôles, à l'aide d'une caméra thermique, utilisée depuis l'an passé. Malgré des centaines de contrôle, pas un tricheur n'a été épinglé. Deux possibilités: soit aucun coureur n'a souhaité utiliser ce dispositif, l'annonce des contrôles ayant pu avoir un côté dissuasif ; soit le système de détection n'est pas assez efficace. 

"La fraude technologique est toujours plus sophistiquée et les systèmes se miniaturisent davantage, explique l'une des sources de L'Express. Il s'agit d'électro-aimants intégrés dans la structure de la roue: l'ensemble crée une énergie capable de faire avancer la machine sans qu'il n'y ait besoin de pédaler..." Les radiations du dispositif serait de plus en plus difficile à déceler. Et il serait désormais activable à distance, pour plus de discrétion. Auparavant, les coureurs qui trafiquaient leur guidon à des moments-clés de la course étaient parfois soupçonnés de mettre en route leur moteur. 

Pour en revenir à Froome, les soupçons pèsent sur lui depuis ses exploits en montagne en 2013 ou 2015, lorsqu'il avait écrasé les étapes d'Ax-Trois Domaines, du Mont Ventoux et de la Pierre-Saint-Martin, en décrochant ses rivaux sans donner l'impression de réaliser un effort physique surhumain. L'Express rappelle cette phrase prononcée à l'époque, en direct, par le consultant de France Télévisions, Cédric Vasseur, qui suivait la course sur une moto: "On a l'impression que le vélo pédale tout seul." De par son statut de Maillot Jaune, Froome est aujourd'hui le coureur le plus contrôlé du peloton. Les années Armstrong ont prouvé que ce n'était pas un gage de sécurité.