Bardet: ''Je n'ai encore que 26 ans''

Romain Bardet à l'arrivée au sommet de l'Izoard.
Romain Bardet à l'arrivée au sommet de l'Izoard. (Reuters)

C'est un Romain Bardet éprouvé qui a répondu aux questions des journalistes, samedi après le contre-la-montre de Marseille. Forcément déçu par la perte de sa 2e place, le coureur français veut néanmoins positiver pour les années à venir sur le Tour de France. 

Romain, quel est votre état d'esprit après ce contre-la-montre (terminé en 52e position) ?
C'est difficile. Je manque de retour pour analyser sereinement. J'ai vécu beaucoup d'émotions en trois semaines. Je n'étais pas dans mon assiette aujourd'hui, je l'ai su dès le réveil. J'ai connu un refroidissement dans les Alpes et je n'étais pas très bien. Je n'avais qu'une envie aujourd'hui, c'était d'en finir. J'attends demain (dimanche). J'espère sauver cette troisième place (il est 3e avec une seconde d'avance sur Mikel Landa). Deux podiums en deux ans (il finit 2e l'an dernier à 4'05'' de Chris Froome), l'équipe peut être fière. 

L'an dernier, vous terminez à quatre minutes. Là, vous êtes présent jusqu'au dernier moment. Est-ce une satisfaction ?
Oui, je reste optimiste pour le futur. Je peux encore progressé. J'avais décidé de ne pas me consacrer au chrono cette année, car je n'aime pas m'entraîner sur un vélo de chrono. J'en paye le prix aujourd'hui, mais c'est comme ça que j'aime faire du vélo. Je n'ai encore que 26 ans. Je vais peut-être davantage me concentrer sur cet exercice. Il va falloir que je m'y mette fatalement, mais j'ai besoin d'un peu de temps pour digérer. Là, j'ai juste envie de passer à autre chose.

''J'ai vu que j'avais progressé''

Avez-vous ressenti trop de pression ?
J'ai eu, c'est vrai, beaucoup de nouvelles choses à assimiler cette année, c'est encore une marche supplémentaire. Mais j'ai su répondre présent en montagne et on a démontré notre force collective. J'ai réussi à gagner du temps sur mes adversaires, pas suffisamment certes. Chaque année, je m'habitue à cette pression, ça me porte la plupart du temps, mais je suis toujours en apprentissage. J'ai pris beaucoup de plaisir à être encouragé sur la route, mais je suis aussi content d'en venir à bout. Je me sens vraiment fatigué. 

Chris Froome était-il encore plus fort cette année ?
Difficile à dire, mais je ne me suis pas préoccupé de son niveau. J'ai vu que j'avais progressé et que j'arrivais à lutter à armes égales avec lui en montagne, c'est ce qui me réjouit. C'est toujours bon pour le moral pour les années à venir, pour se battre pour le maillot jaune. 

Comment peut-on battre Froome ?
Ce n'est pas cet objectif qui me nourrit au quotidien. J'essaye juste de donner le meilleur de moi-même. J'ai été sur le podium l'an dernier grâce à une grosse étape, après j'ai été plus suiveur. Cela s'est construit différemment cette année. On a répondu présent collectivement. L'équipe pèse sur la course, on peut lancer des mouvements qui font mal aux autres et peuvent me mettre sur orbite. L'appétit vient en mangeant. Quand j'ai vu que je pouvais me battre pour le maillot jaune, j'y ai cru, forcément.