Tops et flops des Français sur le Tour de France 

Romain Bardet, Warren Barguil, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni.
Romain Bardet, Warren Barguil, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni. (Reuters)

Retour sur le comportement et les performances des coureurs français sur le Tour de France 2017. 

Les tops

La prise de responsabilité de Bardet et son équipe:
Deuxième du Tour de France en 2016 après avoir réussi un joli coup lors de la 19e étape, Romain Bardet se présentait sur cette édition 2017 avec forcément beaucoup d’ambition. Bien soutenu par une équipe AG2R-La Mondiale, qui s’est judicieusement renforcée avec notamment l’arrivée du champion de Belgique Olivier Naesen, très précieux sur les étapes de plat, le Français a pris la course en main et s’est comporté en vrai leader. Vainqueur à la pédale à Peyragudes, il a fait jeu égal et même distancé Chris Froome en montagne. Reste un point noir, le contre-la-montre, qui lui vaut de ne finir que troisième, mais a seulement 2’20" du maillot jaune. Un an plus tôt, l’écart était de 4’05".

Le panache de Warren Barguil :
Grimpeur de talent, Warren Barguil s’est révélé aux yeux du grand public en réalisant un magnifique Tour de France 2017. Le Breton a gagné en maturité, mais n’a pas perdu son insouciance, ce qui lui a permis d’attaquer aux bons moments pour remporter deux étapes de prestige à Foix et au sommet de l’Izoard. Cerise sur le gâteau en plus de sa dixième place au général, le maillot à pois qui le place en digne héritier de Richard Virenque ou Thomas Voeckler, dernier Français à avoir remporté le classement de la montagne en 2012. 

Le début de Tour d’Arnaud Démare :
Sa victoire sur Milan-San Remo lui avait permis de changer de dimension et de gagner le respect du peloton. Lors de la première semaine de ce Tour, Arnaud Démare a encore marqué les esprits en étant presque le seul à pouvoir rivaliser avec Marcel Kittel. Vainqueur à Vittel, le Français a néanmoins été hors-délai dès la 9e étape. Avec encore plus de caisse et un train de plus en plus performant à la FDJ, le Beauvaisien de 25 ans peut encore franchir un palier.     

Le culot de Lilian Calmejane :
Vainqueur sur la Vuelta en 2016, Lilian Calmejane a réédité pareille performance sur le Tour de France cette année à l’occasion de l’arrivée à la Station des Rousses. Dans la lignée d’un Thomas Voeckler, qui l’a couvé et lui a expliqué les ficelles du métier pour son dernier Tour de France, l’Albigeois de 24 ans a prouvé qu’il avait les jambes et le tempérament pour aller très haut. Jean-René Bernaudeau devrait en faire le leader de son équipe Direct Energie pour les années à venir.  

Les flops

Le difficile enchaînement Giro-Tour pour Thibaut Pinot et Pierre Rolland :
Présents sur le Giro au mois de mai, sur lequel ils ont chacun remporté une étape et terminé en 4e et 22e position, Thibaut Pinot et Pierre Rolland n’ont pu que subir les événements sur cette Grande Boucle. S’il n’avait pas vraiment d’ambition au général, le grimpeur de la FDJ espérait bien tirer son épingle du jeu dans la montagne en remportant une étape ou deux. Mais il a sans cesse couru après la forme pour finalement abandonner lors de la 17e étape. Le constat est un peu similaire pour le coureur du Loiret qui n’a pratiquement jamais pu passer à l’attaque. Il faut dire aussi que ce dernier s’est mis au service de son leader chez Cannondale Drapac, Rigoberto Uran, deuxième à l’arrivée à 54 secondes de Froome. Un Tour à oublier donc pour deux des meilleurs coureurs français. 

La frustration de Nacer Bouhanni :
Victime d’une terrible chute sur le Tour du Yorkshire début mai, Nacer Bouhanni a beaucoup travaillé pour être au départ du Tour cette année. Une performance en soi, mais le sprinteur vosgien n’a jamais eu les jambes pour vraiment rivaliser et a dû se contenter des places d’honneur. Le forfait juste avant le départ de son coéquipier Geoffrey Soupe a aussi été un coup dur et le coureur de la Cofidis devra attendre des circonstances plus favorables pour être en mesure de jouer la gagne. En attendant, ce dernier, connu pour son tempérament, doit aussi peut-être apprendre à mieux gérer sa frustration pour en tirer profit en vue de la victoire.