Le jour sans de Bardet

Romain Bardet n'était pas dans son assiette.
Romain Bardet n'était pas dans son assiette. (Reuters)

Romain Bardet est passé à côté de son contre-la-montre samedi à Marseille, lors de la 20e étape du Tour de France. Loin de pouvoir inquiéter Chris Froome, le coureur français a sauvé sa place sur le podium pour une petite seconde.

Le rêve a tourné court pour Romain Bardet. Deuxième du Tour de France à 23 secondes de Chris Froome, samedi matin avant le contre-la-montre de Marseille, le Français pensait être en mesure de venir titiller le Britannique. Mais la différence a été criante entre les deux hommes, notamment dans la seule montée du parcours menant à Notre-Dame de la Garde, où le grimpeur auvergnat, constamment en danseuse, semblait collé à la route, avec déjà sur ses talons, un maillot jaune à l’aérodynamisme impeccable et efficace à chaque coup de pédale.

Au final, le leader d'AG2R-La Mondiale, qui a lui-même reconnu avoir vécu "un véritable supplice" dans cette montée, a même dû s'arracher dans le final pour ne pas se faire rattraper avant l'arrivée dans l'Orange Vélodrome qui lui a réservé une belle ovation. 

Cinquante-deuxième de l'étape, Bardet perd au final près de deux minutes sur Froome et se retrouve dépassé au classement par Rigoberto Uran, ne préservant sa place sur le podium que pour une petite seconde devant Mikel Landa. "On a très vite compris que Romain n’était pas à 100%. Il nous a dit qu’il n’avait même pas eu mal aux jambes. Le Tour, ça se joue sur trois semaines et sur 21 étapes. On a toujours un jour sans, c’était aujourd’hui pour Romain. On savait que ça allait se jouer à la seconde pour le podium et je l’ai dit à Romain. On lui a dit de se méfier de l’avant-dernier virage, mais aussi de sprinter jusqu’à la ligne pour finir troisième", a commenté son directeur sportif Julien Jurdie.

La déception est néanmoins immense pour le Tricolore, resté assis de longues minutes dans le sous-sol du Stade Vélodrome, réconforté par son manager, Vincent Lavenu, et Julien Jurdie: "Il était abattu, déçu, mais je n’imagine même pas s’il avait été éjecté du podium. Car l’essentiel, c’est de finir sur le podium. Je l’ai dit à Romain, peu de coureur peuvent finir deuxième, puis troisième du Tour d’une année sur l’autre. Ça restera un très grand Tour pour l’équipe AG2R-La Mondiale. Je crois que nous avons prouvé que nous avons un grand leader et une grande équipe".

De quoi envisager l'avenir avec sérénité ? Julien Jurdie y croit: "On travaille déjà sur le recrutement avec Vincent (Lavenu) pour être encore plus fort l’année prochaine. Romain a encore une marge de progression, aussi bien en montagne qu’en chrono, mais on ne veut pas se focaliser sur le chrono au risque de voir Romain devenir un coureur moyen en montagne. Je pense qu’il était le meilleur cette année dans la montagne, s’il s’améliore encore, il aura une belle marge sur la concurrence". Le parcours pourrait aussi bien sûr entrer en ligne de compte: "Du coup, je fais un appel à l’organisation du Tour et à Christian Prudhomme (directeur du Tour de France). Si vous voulez voir un Français gagner le Tour, faîtes un parcours plus dur avec plus de montagne ou des contre-la-montre en côte. Je le dis avec humour, mais on attendra avec impatience la présentation du prochain Tour de France en octobre". Nous aussi !